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        Trois questions à Marc Villard

(interview : Anne DUTILLOY )

Trois questions à Marc Villard qui a accepté d’être le président du jury du concours de nouvelles en juillet 2006.

Anne : Les Ancres Noires ont choisi de présenter aux lecteurs pour le choix du prix des Ancres : « Rouge est ma couleur» parce que ces nouvelles sont pour nous, très représentatives des thèmes et de l’écriture de Marc Villard. Que penses-tu de ce choix ?

Marc Villard :  Oui, je suis d'accord avec ce choix. La rédemption par rapport à la drogue, Barbès multiforme et le mal-être des banlieues sont des thèmes et des lieux que je développe régulièrement. D'autre part, la longue nouvelle du début peut être lue comme un petit roman et les quinze qui suivent se présentent, elles, comme des nouvelles plus habituelles. Mon écriture bouge un peu en fonction des sujets. Surtout en terme d'accélération quand l'action est fragmentée; j'utilise aussi, pour booster le texte, des fragments de poèmes qui claquent plus qu'une phrase élaborée.

Anne : Musique et écriture sont deux passions . Tu nous a fait le grand plaisir d’écrire deux textes pour la troisième compilation de « Polaroïds Rock » (textes d’auteurs invités au festival et mis en musique par des musiciens havrais). Quand tu as écrit ces textes avais-tu une musique en tête ? Quel est le rapport pour toi entre écriture et musique ?

Marc Villard : Je pensais à du rock, bien sûr. Le texte en anglais conviendrait peut-être à une musique pub rock genre Doctor Feelgood ou Inmates. Par contre, je voyais plus une structure Dylanienne concernant le texte en français.
J'écoute de la musique depuis fort longtemps puisque j'ai grandi avec le rock si on situe sa naissance en 1955. Puis j'ai écouté de la world et du jazz. Mes textes sont plus portés par le jazz dans leur structure y compris les passages ultra rapides qui peuvent évoquer le défunt jazz free. Dans mes textes, il m'arrive régulièrement de prendre pour héros des musiciens car j'ai un peu de mal à imaginer des flics en héros de romans. J'utilise également des éducateurs de rues. Ou des gens ordinaires. Mais le musicien véhicule une passion et une liberté qui m'intéressent. Bien sûr, comme la drogue est souvent présente dans mes textes, on imagine aisément que le milieu "musique" colle bien au sujet. Cela dit, je ne juge jamais. Le lecteur est assez grand pour savoir se diriger tout seul. D'ailleurs, je ne vois pas trop comment on pourrait juger des consommateurs de drogue et ceci serait un autre débat de toute façon.

Anne : Le vendredi 29 juin est une date importante à deux titres : C’est la veille de ta venue au Havre pour le festival du « Polar à la Plage » et c’est le soir de la demi-finale de la coupe du monde. Que t’inspirent ces 2 évènements? Si l'équipe de France n'est plus en lice (je ne pense pas que ce soit le terme adéquat...?) ton humeur sera-t-elle chagrine? Et que penses-tu de notre footballeur havrais Vikash Dhorasoo?
Finalement dans tout ça, il y a plus de 3 questions...


Marc Villard : ça m'inspire que je vais devoir me débrouiller pour voir le match pendant la soirée des Ancres. Je suis très optimiste car, de fait, nous ne sommes pas sûrs d'aller en demi finale. Je suis content de venir à ce festival, on m'en a dit beaucoup de bien. J'aime que la musique y soit très présente, c'est un plus.
Si la France ne joue pas ce soir-là, ce n'est pas un problème car je ne suis pas cocardier; j'aime le football et peu importe son origine. Quand un match m'ennuie je ne le regarde pas jusqu'au bout. J'aime le foot pour le foot. Dhorasso est très technique et il possède des accélérations étonnantes. Bien qu'il n'ait pas le même rôle que Zidane il est barré par la présence du futur retraité en équipe de France. Je souhaite qu'il joue pendant cette coupe du monde car, étant donné son âge, il ne jouera pas la prochaine.

Anne: Merci Marc.

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