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de Marc Levin
Un DVD WILD SIDE VIDEO Un article de PIERRE CHARREL
MR. UNTOUCHABLE ou le véritable AMERICAN GANGSTER ! MR. UNTOUCHABLE offre un prolongement des plus passionnants au dernier film en date de Ridley Scott, AMERICAN GANGSTER. Ce long métrage de fiction reconstituait la carrière criminelle de Frank Lucas, campé par Denzel Washington, un truand ayant réellement sévi dans le New-York des années 1970. En évoquant celui qui fut un des barons du trafic de drogue new-yorkais, AMERICAN GANGSTER se penchait ainsi sur un pan du crime organisé "made in USA" jusque-là peu traité par Hollywood : celui issu de la communauté afro-américaine. Et c’est cette même "mafia black" que se propose d’explorer MR. UNTOUCHABLE en s’attachant cette fois-ci à la figure de Nicky Barnes. Les spectateurs d’AMERICAN GANGSTER se rappelleront peut-être de ce nom. Nicky Barnes apparaît en effet dans le film de Ridley Scott à l’occasion de quelques scènes sous les traits du comédien Cuba Gooding JR. MR. UNTOUCHABLE montre quant à lui le véritable Nicky Barnes puisque ce film, réalisé en 2007 par l’américain Marc Levine, relève du genre documentaire. Le cinéaste a rencontré et longuement interviewé celui qui fut, au même titre que Frank Lucas, un des acteurs essentiels du trafic d’héroïne à New-York il y a une trentaine d’années. Marc Lévine donne en outre la parole à des proches de ce truand tels que son ex-épouse, Thelma, ou certains de ses anciens complices comme Joseph 'Jazz' Hayden et Leon 'Scrap' Batts. S’appuyant donc sur des témoignages de première main, MR. UNTOUCHABLE permet au spectateur d’aller au cœur de l’ascension et la chute pareillement fulgurantes de celui dont la puissance criminelle lui valut le surnom de " black Godfather".
La fascination du mal ? Marc Lévine a résolument opté pour une forme cinématographique particulièrement dynamique. Le montage combine de manière hautement rythmé des extraits d’entretiens et des séquences d’archive illustrant les propos des protagonistes du "dossier Nicky Barnes". S’ajoute à cette mise en images une bande-son réunissant la fine fleur de la musique "black" américaine des 70’s et des 80’s. Pareils choix de réalisation pourraient faire craindre que MR. UNTOUCHABLE délivre une vision complaisante de celui qui fut aussi bien un trafiquant d’une des drogues parmi les plus destructrices qu’un meurtrier aux méthodes rien moins que brutales… Tel n’est pourtant finalement pas le cas. Bien au contraire. Marc Lévine confronte d’abord à la parole de Nicky Barnes et de ses ex-complices celle des membres des forces de l’ordre et de la justice qui ont lutté contre eux. S’expriment ainsi des agents de la DEA, la police des stupéfiants aux Etats-Unis, tels que Don Ferrarone et Louie Diaz ou bien encore le procureur Benito Romano. Leurs explications apportent un contrepoint indispensable aux déclarations d’ex-truands cultivant désormais des allures policées et assimilant leurs activités délictueuses à celles de businessmen. MR. UNTOUCHABLE n’oublie pas ensuite d’évoquer les effets particulièrement ravageurs de l’héroïne au sein de la communauté afro-américaine de New-York. Des images d’époque, doublées de témoignages d’anciens junkies, rappellent que le produit vendu par "l’entrepreneur" Nicky Barnes fut à l’origine de la transformation de Harlem en une zone de véritable déliquescence urbaine. De même, le documentaire ne fait pas l’impasse sur la violence parfois extrême dont Nicky Barnes et les siens usaient pour assurer leur domination criminelle. On apprend ainsi que la tronçonneuse n’était pas l’apanage des seuls trafiquants colombiens dépeints dans SCARFACE de Brian De Palma ! MR. UNTOUCHABLE s’impose donc comme le récit aussi prenant qu’édifiant d’une destinée criminelle certes d’exception mais en aucune manière érigée en modèle. Le documentaire est qui plus est reproduit sur DVD dans des conditions techniques de grande qualité. Et les bonus fournis offrent des approfondissements bienvenus sur Nicky Barnes et ceux qui ont gravité autour de lui. On signalera notamment un étonnant entretien, par téléphone interposé, entre Nicky Barnes et le vrai Frank Lucas qui a, comme on l’a vu, inspiré AMERICAN GANGSTER.
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