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Sara GRAN DOPE
Editions Sonatine Un article de Pascale Marchal
Un bon polar qu'on ne lâche pas, écrit avec élégance et beaucoup d'intelligence: Sara Gran entraîne le lecteur dans son sillage dès la première page car la narratrice-personnage est fortement attachante.
« Ce qu'il y a de drôle chez les
filles qui font le tapin, c'est à quel point elles ont envie de rendre
service. Elles ont toutes bien regardé la photo, et certaines ont dit
qu'elles l'avaient peut-être déjà vue quelque part - pauvre Nadine, la fille
invisible - et qu'elles ouvriraient l'œil. Et elles étaient sincères. Mais
l'autre truc avec les prostituées, c'est qu'elles n'ouvrent jamais l'œil.
Elles en sont
Bref Joséphine aime sa sœur. Elle a le
sens du devoir, de l'amitié et de la parole donnée. Elle s'étonne et,
pourtant aguerrie, jette sur ce monde de paumés un regard faussement naïf.
C'est ce décalage qui crée l'humour du personnage. Humour de désespérée ?
Une désespérée qui a la Enfin, la police new-yorkaise jubile quand les malfrats de la pègre s'entretuent comme au temps de la prohibition, à Chicago, une sale affaire de moins à traiter. Quand les pauvres s'entretuent, surtout quand ce sont des gros poissons, le maire est content. Les personnages de Sara Gran sont brossés avec beaucoup de tendresse, Sara Gran ne les juge jamais. Elle semble connaître toutes les arcanes du milieu. Le style de Sara Gran est somptueux, sans fioritures, malin, très rapide. Il m'a tout de suite fait penser à un livre que j'avais adoré adolescente : Catchers in the Rye (L'Attrape-cœurs). Un polar avec en fond sonore la belle voix râpeuse de Billie Holiday. Que sont devenus aujourd'hui ces laissés-pour-compte de la société ? |
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Pierre Charrel |
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