MELODY POUR UN TUEUR

 

Max est allongé sur le ventre, en plein milieu de la chaussée, face tournée vers la droite. Livia se précipite. S'agenouille devant lui. Une balle l'a touché à la gorge. Livia a une réaction instinctive. Elle dénoue son foulard de soie et, d'une main, le plaque sur la blessure pour limiter l'hémorragie.

De la main restée libre, elle lui saisit le poignet. Les pulsations lui semblent très faibles.

Affolée, elle regarde autour d'elle. Au second étage du numéro 7, une lumière s'est allumée et quelqu'un ouvre une fenêtre:

-  Qu'est-ce qui se passe ?

Livia hurle :

-  Il est blessé ! Appelez le SAMU !Vite !

Elle serre convulsivement les doigts de Max. Maintient aussi fort que possible son pansement dérisoire dont l'étoffe se gorge de sang. Le corps a un bref sursaut. Puis plus rien.

Livia est assise sur le bord du trottoir, hébétée. Le gyrophare allumé du Trafic de la police projette un éclat insupportable sur la rue vide. Une femme flic s'approche d'elle, pose la main sur son bras.

-   Vous voulez une couverture ?

Livia secoue la tête. L'autre insiste :

-   Vous ne pouvez pas rester là. Venez.

J'étais là, sous l'escalier dans le hall de l'immeuble, seul, roulé en boule sur moi-même. Les mains tremblantes et le visage pâle, j'essayais de me calmer, de stopper cette violence inouïe qui m'avait encore assailli. Le revolver avait glissé sous les marches. Lentement je me suis levé pour le ramasser et je l'ai caché sous mon pull.

Je suis sorti en courant aussi vite que j'ai pu. Je sentais l'acier glacé du flingue contre ma peau. Je traversais et me faufilais entre les voitures. Enfin j'arrivai devant le parc municipal, je pressai le pas. Il n'y avait personne à cette heure de la journée. Il était 5h30, nous étions lundi.

Cela faisait bientôt quatre jours que je n'avais pas eu de crise. Vous vous direz peut-être que je suis un petit vaurien qui essaye d'attirer l'attention des gens en faisant des pseudos crises de violence aiguë. Mais ce n'est pas vrai : j'ai tué, j'ai torturé... Je suis un monstre. Je m'appelle Arthur, j'ai huit ans et je suis un assassin.

Au moment où je vous parle, j'enterre le pistolet que j'ai volé dans la boutique d'un des commerçants du quartier. Je l'enterre dans le bac à fleurs du parc, ce pistolet avec lequel j'ai tiré sur mon camarade de classe, Max, pas plus tôt que ce matin. Je ne vous en voudrais pas si vous ne me croyez pas, vous changerez d'avis bien assez tôt dans les pages qui suivent. Je ne vous en voudrais pas si vous ne me croyez pas, vous changerez d'avis bien assez tôt dans les pages qui suivent.

Mais pour l'instant, à première vue, je suis un enfant qui joue dans un parc, s'amuse gentiment comme n'importe quel autre gosse aux yeux de n'importe qui. Au loin, j'entends les sirènes et comme les autres fois je suis obligé de revenir près des immeubles en courant puis de remonter les marches quatre à quatre, de rentrer et de fermer la porte à clef.

Je vis dans l'appartement d'une vieille dame adorable et sourde, qui m'a recueilli à ma naissance. La pauvre vieille est complètement folle : « Alzheimer »; il parait. Cette femme, je l'aime, je l'aime. Dès mes 5 ans elle m'a raconté toute sa vie, chaque jour elle me lisait des brides de son journal, elle le tenait depuis ses 18 ans, depuis l'horreur des camps de concentration. Déportée à Buchenwald un peu avant la fin de la guerre, elle avait survécu aux Nazis, à la guerre, aux tumultes de la vie. Cette femme, Adeline Rose-Marie Walter était la chose la plus précieuse que j'avais. Elle était ma seule famille, ma confidente, ma seule amie. Il y a deux ans, quand la maladie s'est déclarée, je suis devenu complètement fou.

Les troubles de personnalité, je connaissais déjà. Bien entendu, quand on nait sous X dans un quartier pourri de Paris, on ne part pas gagnant dans la vie. Même Adeline ne pouvait pas toujours apporter la paix à mon âme solitaire. Quand je suis entré à l'école, on m'a tout de suite catégorisé comme un hyperactif. Je n'ai jamais eu d'amis à cause de ça, à cause de ma différence. Avant cela même, à la crèche, personne ne s'approchait de moi et je m'étais résigné à n'avoir qu'un seul ami: Je l'appelais Gilbert.

C'était le cartable rouge que j'avais eu de la première section de maternelle au CP. Un jour, Max me l'avait taché en balançant un pot de peinture verte dessus.

Ce jour-là j'ai été vraiment triste. J'avais déjà eu quelques problèmes de comportement envers les adultes. Je les haïssais, je voyais en eux des parents qui n'étaient pas les miens. Pas de sympathie à mon égard, hein ! Je ne veux pas de votre pitié, de votre peine, de votre compassion pour tout ce que j'ai dû endurer. Je suis un monstre, je le sais. Impossible d'oublier les brimades des autres enfants, ces regards durs qui vous transpercent et qui en l'espace d'un instant vous laissent comprendre que vous n'êtes pas comme les autres, pas normal, pas humain peut-être ?

Vous les avez connus vous, ces regards ? Vous pouvez comprendre ce que c'est ?Adeline le savait. Maintenant elle ne le sait plus, elle l'a oublié. Depuis que sa maladie s’aggrave, mes hallucinations sont arrivées, prenant la place de mes rêves d’enfants, les passages à vide dans ma tête, remplaçant les rares moments de bonheur. J'ai sombré.

La plupart des enfants de mon âge jouent encore aux legos, à la poupée ou regardent des dessins animés débiles qui font rire les gens normaux. Moi je m'amuse en mettant le feu à des papiers, en me lacérant les bras avec des lames, en déchirant unes à unes les pages des livres qui emplissent l'immense bibliothèque de l'appartement, en terrorisant les chats des voisins et en frappant les autres enfants.

Ce ne sont pas des jeux d'enfants peut-être mais ils me font bien rire. Mes crises de violence se sont rapprochées il y a environ un an, quand l'état de santé d'Adeline s'est détérioré et qu'elle a perdu l'audition.

Je me suis senti désemparé et j'ai commencé à frapper mes camarades. Je me suis fait virer de l'école pour avoir cassé le nez de Josué, un sale gosse de ma classe qui s'amusait à tirer les cheveux de Lily; mon amoureuse. J'ai perdu le contrôle de moi-même et je l'ai frappé, j'ai déversé toute ma haine sur lui, tout cela pour une natte défaite. Je lui ai donné des coups de pieds jusqu'à ne plus en pouvoir. Lily, est restée muette devant un tel spectacle et ne m'a plus jamais adressé la parole. Un nez cassé, c'était pourtant rien mais ce n'était que le début du cauchemar. Le départ pour un monde de peur, de haine et de sang.

Au grand désespoir d'Adeline, on me plaça dans une école de rétention, ce qui renforça ma soif de violence. Je rentrais chez moi le soir avec une envie de tout casser et c'est arrivé : je suis devenu un putain d'assassin.

Ce garçon, il devait avoir à peu près mon âge, il m'a regardé de travers. Ce regard, je l'ai reconnu. C'était un ancien élève de mon école qui un jour m'avait enfermé dans un placard à balais où j'étais resté des heures. Mon corps ne m'appartenait plus. J'étais comme vidé de toute émotion et je l'ai poussé à terre en hurlant à me casser la voix, je l'ai tabassé, bousculé, je l'ai battu. Et puis je suis parti, le laissant dans une mare de sang.

J'avais le visage rayonnant et les yeux vides, les mains salies par tant de haine, rouges comme le rouge à lèvre de cette chère Adeline, rouges comme les roses, rouges comme l'amour, rouges comme la mort.

Souvent je revois cette scène avec horreur, restant honteux devant un tel carnage, triste devant un tel spectacle. Vous vous demandiez si un enfant de sept ans peut faire des choses pareilles, mais vous n'avez pas tout vu. Je vous épargne la description du corps de ce môme, de son regard à présent bien moins sur de lui que lorsqu'il m'avait laissé seul durant ces longues heures enfermé dans le noir. Je me suis vengé, j'ai pris plaisir à lui rendre la monnaie de sa pièce. J'ai fait des choses plus horribles encore, des choses dont je ne vous parlerais pas. Des choses que les enfants ne peuvent pas dire aux grandes personnes. La folie me perd peu à peu, je revois des scènes horribles qui ne me quittent pas, qui me hantent jusque dans mes cauchemars.

Je revois la concierge de l'immeuble qui tombe dans l'escalier après que je l'y ai poussée, j'entends le cri qu'elle a lancé, un cri plein de terreur. Je vois ces yeux fixés sur le plafond et la lueur qui brillait dans ceux-ci s'éteindre. Je revois l'artiste du sixième étage dans son bain, ma main tenant le séchoir allumé, cette belle femme dont le visage se fige lorsque je jette le séchoir dans l'eau savonneuse, un éclair de lumière blanche puis plus rien. J'entends les aboiements rauques du chien du laitier auquel j'avais brisé les os.

Tout cela c'est mon œuvre, mon travail, ma nature. Oui je suis une bête, un dégénéré. Je suis comme ça. Et la police, me direz-vous ? Que peut-elle bien y comprendre ? « Un enfant ne peut pas faire tout cela »... c'est ce qu'elle pense. Elle a tort, mais qui pourrait croire à une telle histoire sinon vous et moi ? Personne, et c'est pour cela que mon secret est si bien gardé.

Nous sommes mardi soir. J'ai passé tout l'après-midi à la maison avec Adeline, je lui ai lu les premières pages de son journal pour essayer de la faire se souvenir, mais rien, elle est resté plantée dans son vieux fauteuil à bascule et n'a pas dit un mot.

Son regard est resté vide quand je lui ai mis son parfum préféré et quand je lui ai préparé un thé. Elle n'a rien dit, pas même un « merci mon petit ange ». L'angoisse est montée en moi, très vite remplacée par la fureur de la voir dans cet état, il fallait que je sorte vite, vite, vite ...

**

« Vous êtes bien au bureau du sergent-chef Fredd Gull, veuillez laisser un message sur le répondeur...»

Ce message préenregistré tournait en boucle depuis maintenant dix minutes. La pièce était sombre, vaguement éclairée par les stries de lumière que laissaient passer les stores. Sur le bureau, on distinguait des piles de dossiers; des photos négligemment abandonnées jonchaient le sol. La fumée envahissait l'espace, des canettes de bière trainaient sur la petite table basse au fond de la salle. Sur le canapé, un grand corps inerte gisait, étendu à côté d'une bouteille de Valium à moitié vide et d'un nécessaire à intraveineuse. Cet homme, c'est moi.

Je me présente, John Christopher Freddy Gull, lieutenant d'un petit commissariat du 11° arrondissement de Paris. Le Valium, entre autres drogues comme l'héroïne et différents opiacés, me donne les hallucinations et les visions qui me permettent de résoudre mes enquêtes. Mes méthodes ne sont pas très légales mais je vous emmerde. Je ne bosse pas pour le gouvernement, ou si peu. Je bosse pour moi, pour survivre dans un monde de charognards.

Il est 6h50 du matin et j'ai déjà 8 messages, une série d'affaire à classer et un terrible mal de tête à chasser. En me levant, j'écrase des paquets de clopes à moitié vides et parcours le bureau pour me faire un café. En marchant je vois par terre, des feuilles où l'on a dessiné des formes en faisant des petits points de couleurs avec des crayons gras. Je lève la tête, mon mur est recouvert de feuilles, toutes assemblées elles forment une série de lieux, de personnages. Ce sont les scènes de crimes qui ont été commis près de l'immeuble où je loue un petit appartement. Oui, parfois dans mes délires, après les injections de Valium, je retrouve des dessins de ce genre dans le bureau. Parfois des numéros codés ou bien des lettres en désordre. Là, des centaines de feuilles de papier A4 sont punaisées sur le mur. Je suis en grande forme !

Essayer de comprendre le sens de ces dessins est une perte de temps d'après mon capitaine, mais elle ne sait rien de moi. Pour elle, je suis Le gentil poulet. Mais pour le moment, il faut que je réfléchisse et que je comprenne ce que veulent dire ces foutus graffitis. Il est maintenant 11h00, je suis à l'accueil du commissariat et j'enregistre le témoignage d'une petite vieille qui dit avoir vu le tueur en série de l'immeuble. Celle-ci prétend avoir vu l'ombre du tireur par sa fenêtre. Il s'avéra que ce n'était le fils du voisin qui jouait avec un pistolet à eau en compagnie de son oncle.

Quand le désespoir s'abat sur vous et qu'une enquête traîne, la meilleure chose à faire, c'est de se rendre au bar le plus proche et de boire. C'est ce que je fis. Nous sommes donc le Jeudi 23 Novembre et il est actuellement 17h30, j'ai passé l'après-midi en compagnie d'Eddy, le barman. Encore une après-midi de débauche, de solitude, comme tant d'autres jours. Le sommeil me gagne, je ne veux pas rentrer au bureau. Je décide donc de passer dans cet appartement que je loue depuis bientôt trois ans sans y être allé plus de deux fois depuis la mort de ma femme.

Melody Gull, une femme vraiment extraordinaire. Je ne sais pas comment la décrire, je n'ai plus de mots à mettre sur sa personne si ce n'est que c'était une beauté virtuose, artiste dans l'âme. C'était ma femme. Elle est morte, six mois après que nous ayons aménagé dans cet appartement. Je l'ai retrouvée dans son bain, électrocutée. Un sèche-cheveux bousillé par terre. Aujourd'hui encore, je ne comprends pas son geste. Elle était heureuse et épanouie, en tout cas c'est ce qu'ont dit tous nos proches car personne ne l'avait vu désemparée ou dérangée. Melody, c'était une fille qui vivait simplement.

L'appartement est tel que je l'ai laissé la dernière fois que j'y suis entré. Il y a des pots de peinture sèche posés sur la table basse à côté des chevalets, il y a l'odeur de renfermé d'un appartement pas aéré depuis une éternité, il y a les piles de toiles dans des bacs posés le long des murs. Dans le canapé en velours repose la jolie mandoline que je lui avais achetée à Naples. Sur le trépied se trouve son saxophone, en dessous des cahiers de musique. Notre collection de vinyles dort tranquillement sur le tabouret du piano, dans l'entrée. Maintenant le silence est roi. Je me remémore les moments passé assis dans le fauteuil à bascule au coin de la cheminée, je me rappelle l'odeur de l'osso-buco qui inondait l'appartement pour s'évader par la véranda. Il y a encore la belle cage à oiseau en fer blanc qui traîne sur le sol, les piles de cd rangés dans l'armoire vitrée...

Tous ces souvenirs qui remontent me donnent mal à la tête, à travers le couloir j'entrevois la porte de la salle de bain. Ici tout s'arrête, la mélancolie qui m'avait gagné disparut et laisse place à l'horreur, je le sens c'est ici que je trouverai ce que je cherche. Je me précipite dans la cuisine, fouille dans les tiroirs à couverts et trouve enfin une boîte, c'est dans cette boite qu'elle rangeait son herbe, Je l'ouvre, prends de quoi me rouler un perse, sors un verre à whisky et me sers raisonnablement. Je suis étendu dans mon fauteuil, mon verre à la main, une forte odeur de shit emplit l'appartement. Le vinyle « ballade de Melody Nelson » tourne lentement. Ma vue se trouble peu à peu et je commence à me sentir flotter dans le vide, des flashs, des brides de visions me viennent et je suffoque.

J'entends un rire d'enfant, des cris qui s'élèvent sur la douce voix de Gainsbourg.

Je sens, je vois, j'entends et je me noie dans les visions incompréhensibles qui submergent mon esprit. Mon subconscient s'imbibe du lieu, s'y accroche telle une sangsue assoiffée. Des tournis me prennent mais j'ai l'habitude, je connais tout cela, je sais ce qui m'attend. Bientôt, je ne serai plus dans cet appartement, je serai dans mes pensées le plus profondes, les plus cachées, celles que je refuse de laisser paraître, celles qui me permettent d'être moi-même dans ces moments de débauche et de souffrance. J'y suis arrivé, dans cet étrange lieu où rien n'est pareil, je cherche la clé de cette énigme qui me torture, qui m'empêche de dormir et me hante depuis presque un an.

La solution s'y trouve, je le sais. Elle y est toujours, il suffit de la voir mais c'est le vide, je suis aveuglé, je n'y arrive pas. Il est 7h32, je suis allongé par terre, sur le carrelage froid, les cheveux trempés, la bouche sèche, les cheveux en bataille. Il y a du verre brisé sur le sol, ma veste trempe dans l'alcool et la sueur, je me lève.

Les coussins éventrés gisent sur le sol, les plumes flottent doucement dans l'air ou glissent le long du parquet.

Le meuble vitré a été frappé à coup de batte de baseball. Dans la cuisine, le frigo a été littéralement vidé par terre. Le salon est saccagé. Seules les toiles de Melody sont soigneusement posées sur un meuble où il n'y a plus de porte ni de tiroirs. Ce spectacle étonnant s'étend dans tout l'appartement. La fatigue que j'éprouve est largement justifiée étant donné l'état des lieux !Je me rendors à même le sol quelques minutes plus tard.

L'horloge sonne 8h30, je me réveille en sursaut, me remémore les faits. Cette fois-ci, tout avait été différent, j'avais perdu le contrôle, je me sentais faible devant cette défaite. L'heure était arrivée de reprendre les méthodes officielles et de me ranger. Soudain je me souviens, des cris que j'avais entendus, cette voix qui me paraissait familière, celle de Melody, pourquoi ce cris et pourquoi ces rires de môme par-dessus ? Pourquoi se serait-elle tuée ? Pourquoi n'a-t-elle pas laissé de lettre ? Pourquoi la mort ? « Pourquoi, pourquoi, pourquoi... »

Les questions se bousculent, mon esprit submergé ne supporte pas cette oppression soudaine, tant de questions, tant de fait incohérents, et si peu de réponses. Ces histoires de meurtres près de cet immeuble me reviennent en mémoire. Et si Melody avait été victime elle aussi du tueur ? Et si elle ne m'avait pas abandonné de sa propre volonté ? Mon cerveau ne tient plus, je n'arrive plus à réfléchir. Je sors de l'appartement sans refermer à clef, ce n'est plus la peine. J'ai sorti mon briquet et mes Camel et je m'en suis grillé une en attendant l'ascenseur qui descendait lentement les huit étages de l'immeuble pour arriver enfin au 6ème.

La porte s'ouvre, un petit blond se trouve à l'intérieur. On descend. Il a l'air pressé. Ce gamin vit au huitième étage avec la vieille. Il me plait bien, ce gosse, il faut avoir du cran pour s'occuper d'une personne malade comme Mme Walter.

Je lui souris, le regarde avec bienveillance, lui dis bonjour, mais pour l'instant, il faut que je sorte vite, vite, vite...

                                                                                      Emelyne T…….     2nde1  lycée Michelet de Marseille