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Karin Alvtegen
Ténébreuses
Editions Plon
Un article de Pascale Marchal
« La lente agonie des grands rampants »… serait un titre plus approprié et
plus attractif ! Non, on a plutôt affaire à un polar psychologique à la Patricia Highsmith. Pendant les premiers chapitres (c’est un roman policier qui met du temps à s’installer et dans lequel ne sont relatées que peu d’actions), l’auteur situe chacun des personnages qui appartiennent tous de près ou de loin à la dynastie des Ragnerfeldt, soit par filiation, soit par alliance. Interchangeables. Ils sont tous plus ou moins veules, suants, impuissants et cachent un secret qui leur sera révélé en même temps qu’à nous. Ironie du sort : ils ont tous un lien très fort à l’écriture. Ils savent écrire… On pourrait donc leur faire crédit. Karin Alvtegen nage en eaux troubles. Cette dynastie a des relents des Atrides - ils sont tous mus par des pulsions insondables – comme déterminés par leurs ascendants auxquels ils ressemblent. Ils aspirent à la beauté, à la bonté, à la miséricorde mais en sont incapables.
Karin Alvtegen sait ménager un suspens à l’instar des grands du polar – à chaque fin de chapitre elle nous tient en haleine. Le lecteur est tendu vers la suite. On sait que chacun des personnages sombrera mais on ne sait pas comment.
Dommage qu’aucun de ses personnages ne soit attachant car le lecteur sombre
dans un récit dont il ne peut se dépêtrer, plongé dans le glauque et le
malsain. C’est triste à pleurer, sordide. Il sait ce qu’il faudrait au
personnage pour qu’il se redresse mais évidemment ne peut rien pour lui. Son
destin est déjà « écrit là-haut», entre fatalité et déterminisme. Karin
Alvtegen écrit avec intelligence mais sans aspérités. Son style manque de
style justement. Il tombe parfois dans le plat et le lieu
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Pierre Charrel |
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