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LES INSOUMIS (2008) de Claude-Michel Rome
Un DVD M6 VIDEO Un article de PIERRE CHARREL Avouons le d’emblée, on n’attendait a priori pas grand-chose de la première mise en scène pour le cinéma de Claude-Michel Rome. Le metteur en scène des INSOUMIS s’était jusque-là signalé par des séries policières plutôt consensuelles telles que ZODIAQUE, l’un des feuilletons estivaux de TF1. LES INSOUMIS, sa première réalisation pour le cinéma, s’avère pourtant une très agréable surprise. Claude-Michel Rome livre en effet un pur film de genre brassant de manière aussi décomplexée que jouissive un large éventail d’influences. La première partie des INSOUMIS, durant laquelle on suit l’arrivée de Drieu (Richard Berry) un flic parisien nommé dans un commissariat en pleine déliquescence perdu sur les bords de l’étang de Berre, prend des allures de polar urbain harboiled à la THE SHIELD. Claude-Michel Rome marche sur les traces de la série américaine en peignant une France suburbaine, entre friches industrielles et cités banlieusardes, rongée par la misère sociale et où des flics privés de moyens tentent tant bien que mal d’empêcher le chaudron social d’exploser. L’enquête menée là par Drieu l’amène bientôt à percer les plans d’un redoutable gang de braqueurs aux méthodes littéralement guerrières. Et LES INSOUMIS prend alors la forme d’un thriller musclé – entretenant d’évidentes parentés avec ASSAUT de John Carpenter ou bien le polar made in Hong-Kong – dans lequel les affrontements à l’arme lourde entre la poignée de flics et une véritable armée de voyous s’apparente à une sauvage guérilla urbaine. Claude-Michel Rome propose ainsi un film à la réelle puissance visuelle qui fait oublier des facilités scénaristiques ponctuelles amenant à une élucidation parfois "téléphonée" de certains épisodes. Le cinéaste est en outre servi par un casting où l’on retrouve, hormis Richard Berry, Pascal Elbé et Zabou Breitman. Tous prennent un évident plaisir à cet exercice réussi de cinéma de genre à la française, assumant leurs rôles avec la même absence de complexe que celle caractérisant la réalisation de Claude-Michel Rome. Le film est enfin servi par un DVD de belle qualité tant en matière technique – la photographie particulièrement soignée des INSOUMIS campant un Sud urbain brûlé par le soleil est restituée avec soin – qu’en ce qui concerne la partie supplément. Le conséquent making-of de 41 minutes offrant d’éclairants aperçus sur la réalisation des INSOUMIS.
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Pierre Charrel |
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