GLENGARRY

de James Foley 

Un DVD CARLOTTA

   

Un article de PIERRE CHARREL

 

            Un casting de rêve !

GLENGARRY a été réalisé en 1992 par James Foley. On doit à ce cinéaste COMME UN CHIEN ENRAGÉ, un des films criminels les plus remarqués des années 1980. Sortie en 1986, cette chronique âpre et violente des méfaits d’un gang de Philadelphie se signalait notamment par la qualité de son interprétation, prouvant déjà la capacité de James Foley à tirer le meilleur de ses comédiens. Christopher Walken y offrait en effet l’une de ses compositions les plus impressionnantes. Et Sean Penn, alors au début de sa carrière, obtint grâce à ce film ses galons de grand acteur hollywoodien.

GLENGARRY vient lui aussi prouver le talent de James Foley en matière de direction d’acteurs. La distribution est pourtant rien moins qu’impressionnante. Elle réunit des "pointures" hollywoodiennes aussi conséquentes que Jack Lemmon, Al Pacino, Ed Harris, Kevin Spacey et Alec Baldwin. Or, bien loin d’avoir été déstabilisé par un casting aussi prestigieux, James Foley a manifestement réussi à exploiter au maximum les talents des acteurs qu’il met en scène dans GLENGARRY.

Son travail a sans doute été facilité par la qualité du scénario et des dialogues du film. GLENGARRY a en effet été écrit par David Mamet. Ce dernier a pour l’occasion adapté une pièce de théâtre dont il est l’auteur. Or le spectateur ne manquera pas de se rappeler que David Mamet est l’une des meilleures plumes d’Hollywood en matière de films criminels. On lui doit ainsi les scénarii des INCORRUPTIBLES (1987) de Brian De Palma ou bien encore d’HANNIBAL (2001) de Ridley Scott. Et David Mamet est aussi le réalisateur de "polars" aussi personnels que réussis comme ENGRENAGES (1987) ou BRAQUAGES (2001).

 

Thriller immobilier

Cette concentration de talents explique donc la fascination constante que suscite ce film à l’argument narratif a priori banal. GLENGARRY raconte en effet quelques heures de la vie professionnelle d’un groupe d’agents immobiliers. Ces derniers ont pour tâche de vendre des lotissements en apparence luxueux aux classes moyennes suburbaines d’une métropole anonyme aussi pluvieuse que déprimante.

Dès les premières scènes GLENGARRY démontre cependant l’ambiguïté foncière du métier qu’exercent ces hommes. Tous les moyens sont visiblement bons lorsqu’il s’agit pour ces vendeurs de persuader l’acheteur potentiel. Les personnages n’hésitent en effet pas à user du mensonge et du harcèlement pour transformer un quidam hésitant en un propriétaire enthousiaste d’une parcelle de terrain dont il ne connaissait même pas l’existence quelques minutes auparavant ! Et ces séquences, sans doute les plus impressionnantes de GLENGARRY, sont l’occasion pour Jack Lemmon et Al Pacino de réaliser des prestations parmi les plus flamboyantes de leurs carrières pourtant remplies.

Mais ces scènes posent aussi clairement le caractère possiblement criminel d’une activité professionnelle qui, sous ses dehors légitimes, frise en permanence l’escroquerie pure et simple. Rien d’étonnant donc à ce que le scénario passe bientôt de la chronique sociale au récit policier. L’appât du gain est en effet tellement fort chez certains de ces vendeurs, qui plus est habitués à flirter en permanence avec la légalité, que certains finiront par basculer dans le crime. On n’en dira cependant pas plus, désireux de ne pas gâcher le plaisir de ceux qui n’ont pas encore vu GLENGARRY.

Mais on les invitera à découvrir au plus vite cet irrésistible thriller immobilier, qui plus est présenté par CARLOTTA dans des conditions techniques de grande qualité. La copie est irréprochable et le transfert sur DVD est des plus soignés. Il en va de même pour la bande-son. L’éditeur a une nouvelle fois fait un fort beau travail.

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