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JAMES ELLROY ET LE CINEMA : ACCORDS ET DESACCORDS... LES DVD
( article de PIERRE CHARREL ) L'EDEN est le seul cinéma du Havre ayant choisi de projeter, du 6 décembre 2006 au 2 janvier 2007, LE DAHLIA NOIR de Brian De Palma en version originale sous-titrée. LES ANCRES NOIRES, s’associant à la diffusion par l’EDEN de l’un des films criminels majeurs de 2006, ont alors proposé aux cinéphiles havrais un article inédit sur les rapports souvent tumultueux de James Ellroy avec Hollywood. On trouvera ce texte, intitulé “James Ellroy et le cinéma: accords et désaccords” dans la rubrique CRIMES EN SALLE. Et on pourra consulter ci-dessous toutes les références dévédégraphiques nécessaires pour prolonger cette exploration des films adaptés de romans ou de scénario de James Ellroy. 1. “COP” de James B. Harris (1988) Si le film est actuellement disponible en zone 2, c’est malheureusement sous la forme d’une fort mauvaise édition élaborée par PIONEER en 2000. Le film est bien présenté dans son format initial, du 1:85 encodé en 16/9 compatible 4/3, et avec sa bande son d’origine en stéréo (et non en mono comme l’indique la jaquette). Mais le travail sur l’image est de piètre qualité. La pellicule utilisée n’a fait l’objet d’aucune restauration puisqu’elle présente des rayures verdâtres fréquentes. Et l’encodage, des plus approximatifs, inflige au spectateur une image instable, trop sombre, et baignant dans un fourmillement permanent. Aucun supplément significatif ne vient rattraper les défauts techniques. Les quelques pages de textes sommaires sur James Ellroy et les filmographies sont en effet périmées étant donnée la date de sortie du DVD.
2. “L.A. CONFIDENTIAL” de Curtis Hanson (1997) “L.A. CONFIDENTIAL” est disponible en zone 2 chez WARNER HOME VIDEO depuis 1998. Le format original du film, du 2.35, est respecté et l’image est encodée en 16/9 compatible 4/3. Les bandes-son anglaise et française sont proposées en 5.1 dolby digital. Le DVD, datant de la fin des années 1990, souffre un peu de son âge en matière technique. Si l’image est globalement fort correcte, elle est caractérisée par un léger manque de précision et par un peu de fourmillement. Autant de (petits) défauts qu’une nouvelle remasterisation ferait sans doute aisément disparaître. Le film est accompagné d’une interactivité numériquement fournie mais commençant elle aussi à dater. Nombre des bonus consiste en effet en de simples textes. On retiendra donc, surtout, la présence de « L.A. CONFIDENTIAL… OFF THE RECORD », un documentaire rétrospectif d’une vingtaine de minutes spécialement réalisé pour le DVD. Si celui-ci prend parfois la forme, malheureusement courante dans les suppléments de DVD, d’un panégyrique promotionnel, le spectateur pourra tout de même glaner d’intéressantes réflexions des intervenants. Curtis Hanson et Brian Helgeland y font ainsi part des axes qui les ont guidés lors de leur travail de transposition de l’univers ellroyen. Et James Ellroy vient lui-même témoigner de son admiration pour l’adaptation de son roman.
3. “BROWN’S REQUIEM” de Jason Freeland (1998) Une édition DVD, datant de 2000 et réalisée par FILM OFFICE, est actuellement disponible en zone 2. Le format initial du film, du 1.85, est respecté et l’image est encodée en 16/9 compatible 4/3. Celle-ci est globalement correcte, bien que parfois un peu pâle. On déplorera en revanche la médiocre qualité de la bande-son stéréo aussi bien en v.o. sous-titrée qu’en v.f.. Phénomène pour le moins surprenant concernant un film aussi récent. Ce DVD édité par FILM OFFICE n’offre en outre que de maigres suppléments consistant en une textuelle et sommaire présentation de la carrière de Michael Rooker et la bande-annonce en version française du film.
4. “DARK BLUE” de Ron Shelton (2002) Ce film a fait l’objet, en 2004, d’une généreuse édition 2 DVD réalisée par METROPOLITAN FILM ET VIDEO. Le format initial du film, du cinémascope, est respecté et l’image est encodée en 16/9 compatible 4/3. Les bandes-son anglaise et française sont proposées en 5.1 dolby digital et en DTS. La qualité technique du transfert est impeccable. Le film est proposé sur un premier DVD, offrant en outre bande-annonce et spots t.v. originaux ainsi que le commentaire audio de “DARK BLUE” par le metteur en scène. Un second DVD est entièrement dévolu aux suppléments. Ces derniers sont d’abord consacrés à la réalisation de “DARK BLUE”. Le plus intéressant d’entre eux est “BLUE CODE”, un making-of de 18 minutes. On peut y entendre, non sans effarement, les créateurs de “DARK BLUE” admettre avec une mine réjouie avoir volontairement trahi l’histoire imaginée par James Ellroy. Ron Shelton déclare ainsi avoir “humanisé” le personnage principal imaginé par le romancier et finalement interprété par Kurt Russell. Et le producteur Caldecot Chubb qualifie le récit original de James Ellroy d’inadaptable et se félicite d’en avoir confié la réécriture à David Ayer, responsable des scripts des fadasses “FAST AND FURIOUS” et “SWAT”… L’éditeur français a eu, enfin, l’excellente idée d’ajouter un bonus de son cru. On peut ainsi voir et entendre s’exprimer pendant plus de 30 minutes Jean-Claude Salomon, un spécialiste en criminologie ayant travaillé pour le ministère de l’Intérieur. Celui-ci apporte de très passionnants éclairages sur la criminalité et les forces de l’ordre à Los Angeles. L’amateur de polar américain goûtera avec plaisir ces réflexions qui lui permettront de mieux comprendre les enjeux des romans et des films qui lui sont chers. On verra là l’étonnante démonstration qu’un mauvais film peut donner lieu à un bon DVD !
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Pierre Charrel |
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