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JAMES ELLROY, auteur du " DAHLIA NOIR" article de ANN LAFOSSE
On ne rentre pas facilement dans un roman de James, Ellroy et on n’en sort pas indemne. Il vous happe, vous torture, vous déconstruit, vous oblige à voir la face cachée des choses, ‘the underbelly’ ( i.e. les entrailles puantes ). Son terrain de prédilection ? C’est L.A., la Cité des Anges. Mais sous la plume d’Ellroy, la ville devient la Cité des Anges Déchus. ( La trilogie de Lloyd Hopkins, le Quartet de L.A. ). Sur la colline qui surplombe L.A. se trouve Hollywood, la machine à fabriquer des rêves et des étoiles, qui en prend plein son grade. Au fur et à mesure que nous pénétrons dans cet univers ( autrement plus impitoyable que Dallas ), Ellroy étend sa vision des hommes et des femmes à partir de L.A. à toute la société américaine ( ‘American Tabloïd’ ), et il brosse au vitriol une leçon d’histoire où les personnages comme Martin Luther King, les Kennedy se font broyer dans une machine infernale qui détruit ses enfants les plus célèbres. Le ‘rêve américain’ se démythifie, se salit, se désintègre. Il est dit d’Ellroy qu’il n’a pas cherché un genre, le roman noir, mais que c’est la forme même qui l’a cherché : le noir est en lui, et lui, l’a rendu au genre en l’obscurcissant. Il y a eu Faulkner, Steinbeck, Styron, Norman Mailer et d’autres. James Ellroy a pu, et a su, donner ses galons au roman noir et est considéré de nos jours comme un monument de la littérature américaine tout court. Il n’y a guère que Phillip Roth qui lui jalouse cette place avec une écriture d’un autre genre. Avec Paul Auster, le lecteur peut parfois abandonner le livre après 50 pages brillantes car il n’y a plus rien à découvrir après. Avec Ellroy, le lecteur prend une grande claque de 300 pages… et en redemande. Quelques lectures recommandées en V.O. pour apprécier la force de l’œuvre. Consultez votre libraire favori. Tout Ellroy est traduit. · Brown’s Requiem ( 1981 ) · Clandestine ( 1982 ) où apparaissent pour la première fois des personnages de ‘The L.A. Quartet : Dudley Smith, Mike Breuning, Dick Carlisle · Blood on the Moon ( 1983 ) adapté au cinéma sous le titre ‘ Cop’ · Suicide Hill ( 1986 ) dernier livre de la trilogie de Lloyd Hopkins · Black Dahlia [ the L.A. Quartet ]( 1987 ) une bonne façon de rentrer dans l’univers d’Ellroy · The Big Nowhere ( 1988 ) le premier ‘grand classique’ d’Ellroy · L.A. Confidential ( 1990 ) adapté au cinéma ( avec Kim Bassinger, Kevin Spacey, James Cromwell, Russell Crowe, Guy Pearce ) · White Jazz ( 1992 ) Quand son éditeur lui demanda de raccourcir ses 900 pages en 350 Ellroy élimina les verbes ( coquin cet Ellroy ! ) · American Tabloïd ( 1995 ) · The Cold Six Thousand ( 2001 ) la suite de American Tabloïd Ann Lafosse
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