BLACKPOOL 

L'intégrale

                 

Synopsis : « L’homme qui règne sur Blackpool, la station balnéaire du jeu s’appelle Ripley Holden. Admirateur d’Elvis Presley, c’est un patron de casino brutal et mégalo qui rêve de faire de Blackpool le “Las Vegas”  de l’Angleterre. Holden est aussi un mari infidèle et un père dépassé par ses enfants. La découverte d’un cadavre dans sa nouvelle salle de jeux va tout changer... »

         Un article de PIERRE CHARREL

 

Du sang, de la sueur et des larmes !

La publication par KOBA FILMS VIDEO de l’intégrale de BLACKPOOL vient une nouvelle fois démontrer aussi bien l’efficacité que l’originalité de la fiction télévisuelle britannique actuelle.

BLACKPOOL rappelle d’abord le talent des scénaristes officiant outre-Manche. Peter Bowker, en charge de l’écriture de chacun des six épisodes, a en effet fait de ceux-ci une brillante synthèse des principaux genres de l’univers des séries télévisées. BLACKPOOL se présente d’abord comme un récit criminel. Ripley Holden, interprété par David Morrissey, est soupçonné du crime d’un jeune homme dont le cadavre a été retrouvé dans la salle de jeu dont il est le propriétaire. L’enquête est confiée à Peter Carlisle, un jeune policier aussi tenace qu’atypique, campé par David Tennant. Et les investigations menées par ce dernier seront marquées par de nombreux rebondissements. D’autres énigmes s’ajouteront, en effet, au mystère initial au fur et à mesure du déroulement de la série.

Mais BLACKPOOL n’est pas qu’un classique « whodunit ». Peter Bowker a en effet mâtiné sa trame policière d’éléments a priori étrangers au genre. Les relations amoureuses jouent ainsi un rôle majeur dans le développement narratif de BLACKPOOL. La liaison aussi intense que contrariée qu’entretiennent Peter Carlisle et Natalie, l’épouse de Ripley Holden jouée par Sarah Parish, est une composante essentielle de la série. Leur rencontre placée sous le signe du coup de foudre, puis leurs rendez-vous clandestins pour le moins fougueux, sont à l’origine de séquences mêlant habilement romance amoureuse et érotisme « soft »…

La série prend aussi la forme d’une fiction familiale. Les scénarii de Peter Bowker ménagent en effet une place non négligeable aux relations entre Ripley et Natalie Holden et leurs deux grands enfants, Danny (Thomas Morrison) et Shayanne (Georgia Taylor). Ces derniers, tous deux au sortir de l’adolescence, sont à l’origine du lot attendu de surprises plus souvent mauvaises que bonnes que doivent gérer des parents pas toujours compréhensifs et donc rapidement débordés !

Enfin, comme de nombreuses autres séries britanniques de ces dernières années, BLACKPOOL se veut aussi un miroir critique de l’état économico-social du Royaume-Uni contemporain. La salle de jeu de Ripley Holden est dépeinte comme un miroir aux alouettes où les chômeurs et autres filles mères de Blackpool en quête d’une improbable fortune viennent dépenser les maigres allocations de l’État. Et Ripley Holden, en tant que patron féroce et prêt à tout, constitue une incarnation paroxystique de l’esprit d’entreprise exalté durant les années du « miracle » blairiste.

           

On connaît les chansons…

L’originalité de BLACKPOOL ne tient pas uniquement à sa capacité à mêler efficacement des genres narratifs a priori très divers. S’ajoute à cela un parti pris de mise en scène faisant en partie écho à celui utilisé par Alain Resnais dans son film ON CONNAÎT LA CHANSON (1997). Les états-d’âme, heureux ou malheureux, des personnages s’expriment non pas au travers de classiques dialogues mais à l’aide de chansons. Celles-ci sont puisées dans le répertoire du rock et de la pop britannique et américaine des années 60 à nos jours. La playlist de BLACKPOOL se compose, entre autres, de titres d’Elvis Presley, Jimmy Cliff, Elvis Costello, The Smiths, Diana Ross, The Clash, Queen, The Communards ou bien encore de Billy Idol !

Ces chansons, présentées pour la plupart dans leur version d’origine, sont interprétées en play-back par les différents protagonistes de BLACKPOOL. Les acteurs ne se contentent cependant pas de faire leurs des titres tels que « Viva Las Vegas », « Should I stay or should I go » ou bien encore « Don't Leave Me This Way ». Ces séquences sont aussi l’occasion de numéros de danse chorégraphiés avec le plus grand soin. Ces derniers se déroulent qui plus est dans les décors hauts en couleur et scintillants qu’offrent naturellement les différents lieux de plaisir de Blackpool. Et c’est ainsi que la série prend régulièrement des allures de comédie musicale de la grande époque hollywoodienne.

En attendant de voir la série dans sa totalité, on pourra dores et déjà constater la réussite de cette singulière entreprise de mise en scène télévisuelle en se rendant à l’adresse suivante: http://kobafilms.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=260&Itemid=47# . On y visionnera en effet trois des nombreuses séquences chantées qui ponctuent chacun des six épisodes de BLACKPOOL.

 

Pour quelques séries de plus

Pour ceux pour qui le visionnage de BLACKPOOL aura été l’occasion de s’initier à l’excellence de la fiction télévisuelle britannique actuelle, ajoutons que KOBA FILMS VIDEO édite d’autres fleurons de l’univers séries "made in U.K.". C’est ainsi que LA FUREUR DANS LE SANG (saison 1) et l’intégrale de GHOST SQUAD sont disponibles chez KOBA FILMS VIDEO

L’intégrale de la série politico-policière STATE OF PLAY fait aussi l’objet de cette promotion. Rappelons que STATE OF PLAY met en vedette le principal interprète de BLACKPOOL, David Morrissey, et John Simm que l’on retrouve dans une autre série britannique majeure de ces dernières années elle aussi éditée par KOBA FILMS VIDEO : LIFE ON MARS.

Réalisée en 2003, STATE OF PLAY a depuis fait l’objet d’un accueil critique des plus enthousiastes. C’est, par exemple, en ces termes que LE MONDE évoquait la série dans son numéro du 30 décembre 2007 : « On est vite pris par le rythme de la mise en scène et fasciné par la vérité de personnages assez ordinaires, emportés par une histoire extraordinaire. Cette affaire est une machination aux multiples ressorts dans laquelle même les manipulateurs risquent d'être à leur tour manipulés. Pourtant cette mécanique révèle des hommes et des femmes singulièrement attachants, une petite “comédie humaine” où auteurs et interprètes ont accordé une attention toute particulière, quasi balzacienne, à la psychologie des personnages. ».

TÉLÉRAMA saluait pour sa part, dans son numéro du 16 janvier 2008, la « subtile complexité du scénario, [le] casting absolument impeccable, sans oublier cette once de loufoquerie so british ». Quant aux INROCKUPTIBLES, ils voyaient dans leur numéro du 15 au 21 janvier 2008 en STATE OF PLAY rien moins que « la grande série contemporaine sur la mécanique du pouvoir. ».

Pareille réussite n’a d’ailleurs pas manqué d’attirer l’attention d’Hollywood. STATE OF PLAY fait en effet actuellement l’objet d’une adaptation cinématographique devant sortir sur les écrans durant 2008. On retrouve à la réalisation rien moins que Kevin Macdonald, le metteur en scène du DERNIER ROI D’ECOSSE, le biopic consacré à Idi Amin Dada qui valut à Forrest Whitaker l’oscar du meilleur acteur en 2007. Quant à la distribution, elle est des plus prometteuses puisqu’elle réunit des comédiens tels que Russel Crowe, Ben Affleck ou bien encore Helen Mirren.

 

 

 


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